Texte II, Deuxième Période

Territoire de Belfort = AD90, 1Y 88-89

Commentaire

Pétition demandant la visite d’un prisonnier signée par Maria Belot, adressée au préfet, sans lieu ni date (probablement faite à Chaux, situé au nord de Belfort, à une distance d’une douzaine de kilomètres ; la lettre a été écrite avant le 21 février 1898, date de l’autorisation de la visite). La courte lettre invite à faire de longs commentaires. Les déviances sont de tout type et placent le texte à la limite de la compréhensibilité. Le contraste entre la signature qui est assez régulière, voire élégante, et la missive confuse met en doute la valeur des critères formulés par L. Maggiolo (1877-79, voir M. Fleury & P. Valmary 1957) et A.-J.-B. Parent-Duchâtelet & F. Loiret ²1837. Le premier suggère que toute personne capable de signer par son nom serait alphabétisée, les seconds supposent qu’une signature régulière et adroite indiquerait un plus haut degré d’alphabétisation qu’une signature maladroite et irrégulière. Il est pourtant évident que la signature de Maria Belot ne constitue aucune garantie d’une alphabétisation fonctionnellement suffisante. Ce ne sont que le contexte et notamment la constellation communicative, c’est à dire la demande de rendre visite à un prisonnier, le caractère officiel du papier timbré utilisé, les débris de formules employées habituellement dans la communication entre personne privée et représentant des autorités (Je soussignée, demeurant à, détenu à, Agréez ...) qui ont dû permettre à l’auteur de la note écrite en marge, de comprendre le message. Aux déviances sur le niveau du type de texte, de la construction logique du message, de la syntaxe (phrase incomplète) s’ajoutent, sur le plan des mots, des fausses coupes (scouiss gnè l. 2, mon sieur l. 6), une morphologie incomplète (Pefet l. 1 pour Préfet ; scouiss gnè l. 2 pour soussignée ; `dan l. 3 pour dans ; âgêè l. 6 pour agréez) ou des graphèmes qui sont en trop (scouiss gnè ; destenu l. 4, bréfets l. 6). Il y a en outre substitution de <s> par <z> (lez l. 3) et des indices du manque d’habitude d’écrire signalé par des lettres corrigées ou incomplètes. La ponctuation et l’accentuation sont connues mais appliquées contre les règles du standard (pas de virgule après chaux l. 3, pas de point après belfort l. 5) . Le circonflexe est l’accent préféré de M. Belot l. 3, 4 ; âgêè l. 6). La réalisation des majuscules n’est pas conséquente (Pefet et bréfets ; chaux l. 3, belfort l. 5). Il se peut que la perte de la voyelle arrondie dans demeran l. 3 au lieu de demeurant, l’oscillation entre consonne occlusive sourde (Pefet) et sonore (bréfets) ainsi que la construction sans article mon sieur bréfets (qui correspond à Herr Präfekt en allemand) soient dues à une influence germanique qui n’est pas impossible dans les Vosges. Il s’agirait donc de déviances externes.

Translittération diplomatique
Fac-similé
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